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Le blog d'Ecomail
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Interview de l'association Les Blongios

  • Clio
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Bonjour à tous,
Nous vous proposons aujourd'hui un interview de l'association Les Blongios, particulièrement de Florence Joly, pour laquelle nous avons réalisé un don de 1000 euros. Bonne lecture !

Pouvez-vous nous décrire votre association « Les Blongios » ?

Les Blongios est une association qui organise des chantiers nature de bénévoles pour préserver les milieux naturels. Elle intervient surtout dans le Nord et le Pas-de-Calais et un peu plus loin aussi. Ces chantiers sont ouverts à tout le monde, sans aucune condition particulière. Les chantiers nature permettent à tous de réaliser une action concrète sur son territoire. Les deux principaux axes de l’association sont donc la préservation de la nature et l’implication citoyenne. L’association regroupe plus de 300 bénévoles de tous horizons, accompagnés par une équipe salariée de 4 personnes et guidés par des bénévoles administrateurs.

Comment vous est venue l'idée de créer une association sur les chantiers nature ?

C’est en 1992 qu’est née l’association Les Blongios, la nature en chantiers de la volonté d’un petit groupe d’amoureux de la nature du côté de Saint-Omer. C’est à l’origine dans les marais de l’Audomarois que ces passionnés se retrouvaient pour venir en aide au plus petits des hérons, le Blongios nain. Avec le temps les actions ont évolué et se sont démultipliées mais les valeurs et toutes les qualités des chantiers nature ont été conservées : respect, convivialité, confiance.

Rejoindre les Blongios, c’est hériter d’un peu de cette histoire humaine et de cet état d’esprit où chacun, prenant la mesure de sa propre responsabilité, a l’opportunité d’agir pour la préservation de la nature.

En quoi consiste un chantier nature ?

Un groupe de bénévoles se rend sur un site naturel pour y réaliser des travaux de restauration du milieu naturel. Cela peut être l’entretien ou la création d’une mare, la fauche d’une prairie, la réouverture d’une clairière.

Il n’y a pas de « chef » de chantier. Le gestionnaire référent du site est présent pour l’aspect technique : présentation des objectifs, et enjeux écologiques, explication des travaux à réaliser. Le côté logistique est assuré par un ou plusieurs bénévoles, les coordinateurs, qui facilitent la mise en œuvre du chantier : ils prennent les inscriptions, organisent le covoiturage et gèrent les repas. Mais ils ne sont ni les responsables du groupe, ni des animateurs. C’est une particularité des chantiers Blongios : l’autogestion, où chacun prend sa part de responsabilité dans le fonctionnement commun.

Le matin, le rendez-vous est donné à tout le monde sur le site, un covoiturage étant généralement mis en place entre les participants. Après un temps de présentation des travaux de la journée et des consignes de sécurité pour le maniement des outils manuels (pas de tronçonneuse ou de débroussailleuses sur les chantiers !), chacun se met au travail, toujours dans la mesure de ses possibilités. Les temps non travaillés ont également leur importance dans la dynamique du groupe. Le partage des repas et, lors des chantiers de plusieurs jours, les soirées en gîte, définissent en partie la singularité des chantiers Blongios : une opportunité à la fois d’agir concrètement pour la nature et de partager un moment de vie collective.

Réalisez-vous des chantiers nature partout en France ?

Selon les partenariats que nous arrivons à nouer, nous pouvons intervenir partout ! Nous organisons des chantiers en Camargue, en Normandie, en Lorraine, au Pays-Basque. Par le passé, nous sommes allés aux Pays-Bas, en Angleterre, en Bretagne. Ce sont souvent des Blongios délocalisés qui font le lien sur ces territoires !

Comment identifiez-vous un milieu a renaturer ?

Nous travaillons en partenariat avec les structures chargées de la gestion des sites naturels, par exemple les Parcs Naturels Régionaux, les Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) ou encore les collectivités territoriales. Ce sont ces structures qui définissent les objectifs de gestion, sur la base d’inventaires naturalistes, et qui rédigent les plans de gestion des sites. Nos chantiers nature prennent place dans ce cadre. Nous sommes en dialogue permanent avec nos partenaires gestionnaires sur la programmation des chantiers, ce qui est réalisable ou non par les bénévoles, la saisonnalité des actions, etc.

Travaillez-vous en lien avec d'autres associations avant de réaliser les chantiers nature ?

Certains de nos partenaires gestionnaires sont eux-mêmes structurés en association, c’est le cas par exemple des CEN ou des CPIE (centres permanents d’initiatives pour l’environnement). Ensuite, selon les territoires, il existe des associations très dynamiques qui sont relais de nos actions et qui mobilisent leurs propres bénévoles sur les chantiers Blongios. Ce sont toujours des moments plus riches de rencontre et de partage.

Avec votre expérience et les différents chantiers nature réalisés, remarquez-vous s'il y a des milieux naturels qui sont plus dénaturés que d'autres et qui, par conséquent, ont eu besoin d'être renaturés ?

Évidemment, on ne peut pas comparer une intervention dans une réserve naturelle qu’au sein de la Citadelle de Lille. Chaque site a ses problématiques écologiques et ses propres enjeux : sur l’un le gestionnaire va chercher peut-être à préserver des espèces plus rares et des milieux plus fragiles alors que sur l’autre on retrouvera des enjeux de préservation de la nature en ville avec une biodiversité qu’on appelle « ordinaire ».

Après la réalisation de chantier nature, réalisez-vous des suivis afin d'observer la biodiversité reprendre ses droits ? Si c'est le cas, voyez-vous une nette amélioration, est-ce concluant ?

Dans la mesure du possible nous organisons des retours sur sites à la belle saison. La plupart des chantiers se réalisent en automne et hiver, lorsque la nature est au repos. Les suivis de chantiers permettent d’une part de voir le site en pleine expression faunistique et floristique et d’autre part d’apprécier le résultat du travail réalisé. Dans tous les cas, le gestionnaire réalise de son côté des suivis naturalistes et nous fait toujours part des résultats observés. Par exemple dernièrement, les bénévoles ont débroussaillé un coteau pour préserver l’habitat de la Vipère péliade. La gestionnaire nous a envoyé les photo des suivis, elle a observé un beau mâle de Vipère qui prenait le soleil ! Ce genre de retour est important pour les bénévoles, cela renforce le sens de leur action.

Depuis la création de l'association, vous avez élargi votre champ d'action. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos différentes missions ?

En effet, le cœur de l’activité ce sont les chantiers de bénévoles, dont je parle depuis le début. Ces chantiers sont ouverts à chacun sur la libre participation, les personnes y viennent spontanément et ont souvent déjà entamé une réflexion sur les problématiques environnementales. Depuis une dizaine d’années, l’association a mis en place des chantiers nature à destination d’autres publics, plus éloignés des ces questions de préservation de la nature. Ces chantiers de groupe développent une approche pédagogique qui peut répondre à d’autres objectifs que la préservation des milieux naturels : travailler en équipe, ré-apprivoiser les codes sociaux, respecter des consignes, etc. Ces chantiers s’adressent à divers publics : scolaires, insertion, médical, loisirs, entreprises.

Nous travaillons également avec des collectivités (communes ou communautés de communes) désireuses de renaturer un site en impliquant les habitants et usagers du site : nous les accompagnons depuis la concertation pour imaginer le projet jusqu’à la réalisation de ce projet. Cette gestion collective, citoyenne et concertée permet de favoriser l’implication de tous dans les aménagements du territoire.

Prochainement, quels sont vos « grands » chantiers nature qui demandent de la main d’œuvre ?

Les chantiers de bénévoles sont toujours en recherche de participants ! Nous en programmons une cinquantaine par an, les dates sont disponibles sur notre site internet. Les chantiers semaine d’été, en Normandie et en Camargue sont une bonne façon de changer d’air tout en s’activant pour une belle cause !

Avez-vous besoin de bénévoles ?

L’association est centrée sur l’implication bénévole. Au travers des chantiers bien sûr mais aussi dans la vie associative. Les bénévoles peuvent évoluer entre différentes façons de s’investir : la participation à quelques chantiers (nous appelons cela les « Blongios juvéniles »), la prise en charge de la coordination de chantiers (ce sont les « Blongios de deuxième hiver »), la participation à des groupes de travail voire au Conseil d’Administration (ces sont les « Blongios en plumage nuptial »). Évidemment, cette implication évolue en fonction de la vie de chacun mais il y a toujours un fort attachement à l’association : nous recevons régulièrement des mots et nouvelles de la part d’anciens bénévoles (ce sont les « parents Blongios » !)

En fait, nous avons toujours besoin de bonnes volontés, que ce soit sur les chantiers ou pour la vie associative. Les projets des bénévoles qui permettent de dynamiser le réseau sont essentiels. Par exemple, un petit groupe a proposé l’année dernière d’organiser des débats. Ces actions en parallèle des chantiers proposent d’autres moment aux bénévoles, plus axés sur les rencontres et la discussion qui renforcent la « communauté » Blongios.

Si c'est le cas, comment pouvons-nous rejoindre votre association ?

C’est très simple, il faut venir faire un chantier ! Nous sommes disponibles pour présenter les actions et le fonctionnement de l’association que ce soit directement au bureau (5 rue Jules de Vicq à Lille), par mail (f.joly@lesblongios.fr) ou par téléphone (03 20 53 98 85 ou 06 76 29 86 94). Tout le monde est bienvenu, avec le temps, la motivation et les capacités dont chacun dispose !

Merci beaucoup à vous d'avoir répondu à notre échange ! Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://www.lesblongios.fr/
A bientôt,
Clio