Le blog d'Ecomail
27
03

Interview de l'association ASPAS

  • Clio
  • 64 vues

Aujourd'hui, nous vous proposons un interview de l'association ASPAS, via Aurélia GREFF, pour laquelle nous avons réalisé un don de 500 euros pour le projet Vercor Vie Sauvage.

Bonjour à l'équipe d'ASPAS,
Merci beaucoup à vous de nous accorder du temps pour répondre à ces quelques questions concernant votre association et plus particulièrement votre projet « Vercors Vie Sauvage » ! Vos réponses seront publiées auprès de la communauté d'Ecomail pour partager ensemble les actions menées par votre association et, également, en dire un peu plus sur le choix du don réalisé par l'ensemble des utilisateurs d'Ecomail.

Pour les utilisateurs qui découvrent votre Association pour la Protection des Animaux Sauvages, ASPAS, pouvez-vous nous expliquer, en quelques lignes, l'objectif et les actions menées par l'association ?

L’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) est une association sans but lucratif, reconnue d’utilité́ publique et 100 % indépendante. Elle défend les sans-voix de la faune sauvage, les espèces classées « nuisibles », jugées insignifiantes ou encombrantes.

L’ASPAS mobilise l’opinion publique, interpelle les élus et sensibilise tous les publics à la nécessité́ de protéger les milieux et les espèces. Son savoir-faire juridique est unique. Depuis presque 40 ans, elle a engagé́ plus de 3 500 procédures devant les tribunaux pour faire respecter et évoluer positivement le droit de l’environnement, y compris contre les pouvoirs publics lorsque ceux-ci ne respectent pas la législation en vigueur.

Par une politique volontaire d’acquisitions foncières, l’ASPAS crée des Réserves de Vie Sauvage® où la chasse, la pêche et l’exploitation de la nature sont bannies, contrairement à ce qui est pratiqué dans les espaces dits « protégés » de l’État.

Plusieurs projets sont menés par l'ASPAS dont le projet « Vercors Vie Sauvage », pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le projet ?

Vercors Vie Sauvage est un projet d’acquisition d’envergure puisqu’il porte sur 500 ha environ. Acquérir des territoires naturels afin de préserver dans la durée des zones libres dans l’intérêt de la seule vie sauvage est une action indispensable pour pouvoir léguer à nos enfants ce patrimoine unique qu’est la biodiversité́ de notre pays.

Pourquoi avoir choisi ce lieu, en fond de vallon, dans le massif du Vercors ?

La situation est assez idéale, nous sommes sur le Massif du Vercors qui est l’un des massifs de alpes externe qui ne connait pas de réelle discontinuité avec les autres massifs du sud, favorisant ainsi les déplacements des espèces. De plus nous sommes sur un site d’un seul tenant et d’une surface conséquente ce qui est d’autant plus intéressant pour la libre évolution. Enfin, les milieux sont riches et diversifiés avec une forêt typique de l’étage montagnard et des gorges bordées de grandes falaises calcaire. C’est aussi le territoire d’une des plus grandes meutes de loup de France.

La particularité du site a-t-elle été démontré par des études scientifiques et des inventaires naturalistes ? Si c'est le cas, quelles espèces « clefs de voûte » avez-vous observé ?

Le site est vaste et nous le connaissons que depuis quelques mois, nous n’avons pas encore réalisé d’inventaire floristique ni faunistique de manière précise. Néanmoins, notre expérience du terrain, les quelques données existantes et nos premières observations nous montrent une très grande richesse biologique. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a motivé notre choix pour se lancer dans cette acquisition. Pour citer quelques espèces phares du projet, nous savons que le site est fréquenté par l’aigle royal, le cerf élaphe ou encore le loup.

Parmi la faune et la flore présente sur le site, est-ce que certaines espèces sont rares, en voie de disparition ou encore menacées ?

Les inventaires à venir mettront sans nul doute en lumière de nombreuses espèces rares et menacées. Mais à ce jour, nous disposons de peu d’information. Toutefois, pour un site en libre évolution, il n’est pas nécessaire de connaître parfaitement l’espèce qui peuple les milieux. Nous laissons à la nature un lieu d’expression total. Nous n’intervenons absolument pas, nous ne risquons donc pas de mettre en péril un milieu ou une espèce via des techniques de gestion qui sélectionnent telle ou telle espèce.

L'association a également d'autres sites naturels et a créé un label « Réserve de Vie Sauvage » pour préserver au mieux la faune et la flore. L'acquisition foncière semble être l'une des solutions pour le bien de la biodiversité. Pouvez-vous nous expliquer quelles sont les avantages de ce processus ?

En France, la propriété foncière est l’outil le plus simple à mettre en place et le plus fort pour la protection de la nature. Lorsque vous êtes propriétaire vous maîtrisez les activités que vous tolérez ou pas sur votre terrain. De plus, le titre de propriété notre permet de pérenniser notre action. Nous travaillons sur des sites qui ont vocation à évoluer librement durant des siècles. Nous travaillons actuellement pour de nombreuses générations. Une forêt d’une centaine d’année est une très jeune forêt, elle sera mature et considérée comme ancienne dans 800 à 1000 ans. L’échelle du temps n’est pas la même que celle de la vie humaine et actuellement le moyen qui existe pour transmettre une chose aux générations futures c’est la propriété foncière.

ASPAS a pour concept, la « libre évolution » de la nature, avez-vous observé une biodiversité grandissante dans ces sites protégés ?

Clairement oui, nous avons pu observer des retours comme la loutre sur notre RVS des Deux Lacs. Nous avons aussi pu constater que les animaux sont moins craintifs comme les chamois sur la RVS du Grand Barry où leur observation est beaucoup plus aisée que sur certains massifs chassés.

Merci encore, Aurélia GREFF, pour cette énergie fournit et transmise pour vos actions en faveur de la biodiversité !